Bloggeurs VS journalistes : quand les deux ne font qu'un…

Par Nathalie Bergeron sur 04 21, 2008 | No Comments

Un des grands débats de la blogosphère, particulièrement pour les gens de l’industrie des communications qui cherchent à l’utiliser, est l’identification des blogueurs pertinents et crédibles. Les journalistes sentent souvent le besoin de se justifier, avant de citer un blogue comme source, et se sentent plus à l’aise de citer des confrères journalistes ayant un blogue, puisque le contenu leur semble plus fiable à leurs yeux. C’est dans cette optique que la conférence tenue par Dominic Arpin et Patrick Lagacé, dans le cadre de la série sur les médias sociaux de la SQPRP, a particulièrement attiré mon attention.

Ces deux journalistes, dont la réputation journalistique n’est plus à faire, sont également deux des blogueurs les plus connus et consultés au Québec. Dominic blogue maintenant pour son propre compte, et Patrick pour un des médias les plus importants au Québec, et de ce fait, ont des profils assez différents, mais qui se rejoignent sur l’essentiel. Alors qu’on débat de la crédibilité des blogueurs, tous deux discuté du « snobbisme » de certains médias envers les blogueurs. Intéressant point de vue, surtout compte tenu de leur propre situation où leur crédibilité peut difficilement être mise en cause, mais justement, Dominic insiste sur l’importance d’être « béton » avec son information afin de conserver cette crédibilité, et rappelle certains cas où les médias ont été un peu prompts à reprendre des phénomènes du Web.

Il avait justement débusqué ce canular, grâce à la contribution de ses fidèles internautes. Même CNN était tombé dans le panneau! Patrick rappelle également l’incident de Montebello, où la SQ avait du avouer avoir tenté d’infiltrer les rangs des manifestants grâce à la vigilance d’internautes ayant filmé la scène et diffusé le contenu sur le Web. Ce fut une des premières preuves locales de la rapidité et de l’efficacité du médium, et avait créé tout un émoi, tant sur la blogosphère que dans les médias traditionnels, qui avaient du reprendre la nouvelles.

Tous deux s’entendent pour dire que le Web, et leurs lecteurs, leur sont précieux dans leurs recherches, à en devenir presque des recherchistes pour eux, alors que leurs lecteurs leur font part de nouvelles, liens etc. Ce n’est à mon avis qu’une facette, puisque l’internaute témoin d’un incident ou d’un événement peut techniquement devenir reporter lui-même, le concept de iReporter qu’on voit utilisé de plus en plus dans les médias américains. Ça me ramène au sujet de départ, la crédibilité des journalistes perçues par l’industrie des communications : qu’on le veuille ou pas, la réalité est là : tous peuvent se transformer en source d’information, et nous avons la possibilité d’utiliser ou non ce médium pour nos besoins de communications. Mais quelque soit la perception de notre industrie, il serait futile de nier l’importance du mouvement, et prétentieux de penser qu’on peut l’endiguer parce qu’on ne sait pas quoi faire avec.

Un des points où les deux conférenciers diffèrent, et qui m’interpelle encore plus, en tant que lectrice des deux blogues, est leur perception de l’interaction avec leurs lecteurs. Alors que Dominic voit son blogue comme un véritable outil d’échange avec ses lecteurs, et se souvient encore d’avoir reçu tout premier commentaire, Patrick lui, reconsidère l’impact des commentaires. Patrick est probablement un des bloggeurs recevant  le plus de commentaires sur ses billets (souvent dans les centaines), il relativise en expliquant que 100 commentaires, par rapport au nombre de lectures du billet – souvent autour de 10 000, met bien en lumière le fait que ces commentaires ne reflètent pas toujours l’opinion générale des lecteurs mais bien celui de quelques uns plus « vocaux » que d’autres. À lire plusieurs des commentaires sur les blogues, son point de vue peut être compréhensible, mais je suis tout de même convaincue que le principe même du blogue est justement cet échange, c’est ce qui fait sa richesse – quitte à devoir se fier à un système de modération pour éviter les abus…


Les RP techno, cest pas sorcier

Par Nathalie Bergeron sur 03 18, 2008 | No Comments

High Road participe au colloque des jeunes professionnels en RP

Ce weekend, j’ai eu le privilège d’être invitée à titre de conférencière au colloque annuel des Jeunes professionnels en relations publiques de la SQPRP, un événement annuel qui cette année avait pour thème les relations de presse. On m’a demandé de discuter des relations médias spécialisées en technologie, une spécialité qui intimide souvent dans l’industrie. C’est pour cette raison que j’ai choisi d’aborder les grands mythes entourant le domaine afin de partager notre passion pour l’industrie en mouvance des technologies, qui apporte tellement d’opportunités de se dépasser, et de repousser les limites des RP traditionnelles.

Nous sommes privilégiés de pouvoir travailler avec des clients pour qui les nouvelles tendances, telles que les médias participatifs, ne représentent pas une menace, l’inconnu, mais plutôt de nouvelles opportunités, et que ces mêmes clients nous poussent à constamment nous renouveler puisqu’ils repoussent leurs propres limites également, et exigent de nous que nous leur suggérions les stratégies les plus actuelles.

J’ai été ravie de voir l’accueil réservé au consultant Marc Snyder, qui avait justement été invité à discuter des médias participatifs, et d’entendre les questions plus que pertinentes de l’auditoire. Sa conférence traitait de l’importance de convaincre ses supérieurs, et si je me fie à ce que j’ai entendu, la relève est convaincue d’avance, et travaillera fort à éduquer leurs séniors. Le Québec prend vraiment le virage – comme le démontrait bien le dossier sur le phénomène Facebook de nos amis de Branchez-Vous la semaine dernière, qui indique selon une étude de Ipsos Reid qu’un Québécois sur 4 a un profil Facebook, et qu’il a en moyenne une quarantaine « d’amis ».

Les chiffres varient selon les experts que vous consultez, mais une chose est certaine, c’est un phénomène qu’on ne peut ignorer et qu’on se doit, comme experts en stratégies de communications, d’étudier, de suggérer et de mettre en pratique si on ne veut pas manquer le bateau.